Tout le monde souligne le caractère inique de cet autre budget libéral. On a coupé sauvagement, on a fait mal, pour ensuite redonner une partie de ce qu’on avait enlevé en l’étalant sur une période qui va au-delà de la prochaine élection.

La gestion libérale est vraiment terrible, mais ce n’est pas notre problème le plus structurel.

Deux problèmes sont encore plus graves et nuiraient à la gouvernance de n’importe quel parti provincial au Québec, qu’il soit de gauche, de droite ou d’extrême centre :

1. L’absence de marge de manœuvre

Notre budget de province, accaparé environ au ¾ par la santé, l’éducation et les services sociaux, ne nous laisse qu’une infime marge de manœuvre pour faire des investissements structurants dans notre économie (électrification des transports, nouvelles technologies du bois, aide aux PME, etc.). Nous en sommes donc réduits à saupoudrer nos bonnes intentions un peu partout et à quêter auprès du Canada afin qu’il investisse l’argent qu’on lui envoie où nous voudrions le mettre nous-mêmes. Ce n’est ni efficace ni logique.

2. L’interférence du gouvernement canadien

Par ailleurs, nos budgets de santé et d’éducation (entre autres) sont toujours tributaires de ce que le Canada décide de faire avec l’argent que nous lui envoyons. Par exemple, s’ils réduisent leur transfert en santé comme c’est le cas à présent, nous sommes forcés de réduire nos services ou d’aller chercher l’argent ailleurs, ce qui n’est pas plus intéressant. Ce n’est ni efficace ni logique.

La solution, au-delà de « chasser les libéraux en 2018 », c’est de faire un pays dans le prochain mandat, toutes les Québécoises et tous les Québécois ensemble et déterminé.e.s à en finir avec notre subordination politique.