L’édition 2018 de l’Université indépendantiste se déroulera les 16 et 17 juin au Collège de Maisonneuve à Montréal et sera ouverte à tous. Quelles activités de formation seront offertes pendant cette première édition qu’Option nationale organise en tant que collectif au sein de Québec solidaire? Voici quelques conférencier-ères qui ont accepté de partager un aperçu des sujets qu’ils et et elles comptent aborder. Faites vos choix!

 

Gilbert Paquette
Blocages canadiens et projets de pays

Samedi 16 juin, 13h45

 

Président du OUI-Québec et anciennement Ministre de la Science et de la Technologie dans le gouvernement de René-Lévesque, Gilbert Paquette nous expliquera que les indépendantiste sont essentiellement dans une bataille de perception. Ils et elles luttent contre un pays bien réel, le Canada, qui engloutit le Québec, le tire vers le bas, bloque ses projets dans tous les domaines. Le Canada détourne du pays réel qu’ils et elles ont en tête et souhaitent réaliser

Les grands objectifs que les Québécois.es ont en commun ne manquent pas : M. Paquette en couvrira un assez large spectre sur les plans de la solidarité et de la démocratie, du territoire et de l’environnement, de l’économie, de la langue et de la culture, du Québec dans le monde. Pour chacun de ces grands domaines, il identifiera les blocages de notre statut de province canadienne et les nouveaux moyens que l’indépendance du Québec nous donnera. Il poursuivra en présentant des plusieurs mesures ou gestes à poser pour atteindre chacun de ces grands objectifs.

Selon lui, concrétisé par ces mesures se définissent plusieurs chantiers collectifs possibles, souhaitables, urgents. Ensemble, ces projets de pays offrent une base pour une campagne permanente pour une indépendance incarnée, concrète, souhaitable et donc désirable; pour reprendre le combat et atteindre une situation majoritaire qui nous permettra de nous donner un pays.

 

 

Stéphanie Beaupied
Histoire et fondements indépendantistes

Samedi 16 juin, 9h05

 

Comment et pourquoi est née de l’idée d’indépendance du Québec? Quel est le contexte et le parcours historique de cette nation « improbable » née colonie des grands empires, politiquement et économiquement minorisée par l’Empire britannique? C’est ce genre de question auxquelles répondra la professeure d’histoire Stéphanie Beaupied.

Elle commencera par expliquer comment les dysfonctions issues de l’Acte constitutionnel de 1791 ont mené aux luttes politiques des Patriotes, et pourquoi il était question de «deux nations en guerre au sein d’un même État» comme l’a écrit lord Durham avant l’adoption d’un parlement unique en 1840. Le cours se poursuivra en mettant en lumière comment ces fondements du colonialisme se poursuivent en 1867 avec le fédéralisme canadien qui, selon un certain Wilfrid Laurier, serait « la seconde étape sur la route de l’“anglification” tracée par lord Durham ». Puis, après la Révolution tranquille, elle expliquera pourquoi on parlera plutôt des « deux solitudes », d’un Québec qui demeure au sein d’un Canada même prêt à faire un « coup d’État constitutionnel » en 1982.

En résumé, Stéphanie Beaupied vous invite à plonger au cœur de cette dualité historique de deux nations aux deux projets divergents qui fait de l’indépendance du Québec une nécessité.

 

 

Miguel Tremblay
Territoire, environnement et indépendance

Samedi 16 juin, 11h15

 

Physicien, ancien candidat d’Option nationale dans Laurier-Dorion et coauteur du Livre qui fait dire oui, Miguel Tremblay remarque que pendant nos deux récentes tentatives concrètes d’accéder à l’indépendance, l’enjeu de  l’environnement était loin de l’avant-plan. Cependant, les questions environnementales sont devenues cruciales dans les dernières décennies, et il est essentiel d’étudier les conséquences de l’indépendance du Québec dans ce domaine.

Parmi les pouvoirs supplémentaires que nous obtiendrons, M. Tremblay nous rappelle que ceux concernant l’environnement permettront une gestion bien différente de celle qu’opère le Canada. L’environnement étant étroitement lié à la gestion du territoire, nous ne pourrons avoir le plein contrôle sur celui-ci tant que nous demeurerons dans la fédération canadienne. Il expliquera en quoi, l’indépendance nous permettra de gérer les questions environnementales selon nos priorités plutôt que de nous en remettre à celles d’un gouvernement élu en majorité par un autre peuple.

Miguel Tremblay exposera les pouvoirs sous l’égide exclusive du gouvernement du Canada qui ont des répercussions sur l’environnement, en s’attardant plus spécifiquement sur le palier de gouvernement responsable (Québec ou Ottawa) en cas de déversement de pétrole en territoire Québécois.

 

 

Joseph Djossou
Décolonisation : la pensée de Frantz Fanon

Dimanche 17 juin, 13h45

 

Le professeur de philosophie Joseph Djossou nous invitera à porter notre attention sur l’esprit des colonisés, c’est-à-dire à faire l’examen de nos propres esprits. Le colonisé est en effet un être humain fasciné par cela même dont il doit se libérer : la domination qui l’encadre, le canalise et le guide dans tous ses gestes quotidiens.

M. Djossou procédera à cette exercice en présentant la pensée du philosophe et de l’homme politique Frantz Fanon, qui s’est admirablement acquitté de la tâche de penser pour les peuples noirs en général, africains en particulier, les mécanismes de cette fascination. Il a indiqué en même temps pour les peuples qui cherchent à s’émanciper de la tutelle coloniale ce que peut être le point de départ de toute démarche d’émancipation : décoloniser l’esprit avant tout.

 

 

Eric Martin
Un pays en commun : pour instituer ici liberté politique et justice sociale

Samedi 16 juin, 14h45

 

Président de la Nouvelle alliance pour la philosophie au collège (NAPAC) et auteur du livre Un pays en commun (Écosociété), Eric Martin nous montrera comment le Québec, une nation conquise et annexée depuis 1840 au sein du capitalisme et de la confédération, s’est trouvée doublement aliénée politiquement et économiquement.

Il expliquera d’abord pourquoi cette aliénation amènera les théoriciens du courant « socialisme et indépendance », dans les années 1960, à vouloir bâtir un « socialisme d’ici », puis en quoi cet héritage théorique combiné à des écrits plus récents  (Dardot et Laval, le Manifeste québécois pour la démondialisation) permettent d’esquisser les contours d’un projet visant la double émancipation politique et économique.

M. Martin insistera donc sur la dimension institutionnelle du problème. Le néolibéralisme, le capitalisme, la globalisation, le fédéralisme canadien : tout cela constitue un système de normes et d’institutions qu’il ne faut pas se contenter de critiquer. Selon lui il faut penser et proposer un modèle de substitution permettant ce que Michel Freitag appelait un « nouveau partage de la souveraineté » reliant le local, le régional, le national et l’international, et permettant de se réapproprier la capacité de décider, la souveraineté populaire. Bref, il nous expliquera en quoi l’indépendance ne doit pas servir à bâtir un petit Canada en miniature, à l’identique, néolibéral et oligarchique; mais pouruqoi et comment elle doit permette d’instituer un pays en commun.

 

 

Sol Zanetti
Comment sortir du cadre canadien : la théorie de l’effectivité

Samedi 16 juin, 16h00

Porte-parole officiel du collectif Option nationale et candidat de Québec solidaire dans Jean Lesage, Sol Zanetti souhaite que nous nous posions la question suivant e: comment un peuple peut-il réaliser son indépendance et établir sa souveraineté de manière pacifique et démocratique lorsqu’il est pris dans un pays prêt à tout pour l’en empêcher ? La question est importante et la réponse est loin d’être évidente.

Pour devenir indépendant, suffit-il de déclarer son indépendance? La situation actuelle en Catalogne nous indique que non. Comment s’acquière la reconnaissance internationale d’une déclaration d’indépendance? Comment faire en sorte que le pays que l’on quitte ne puisse pas nous retenir, nous mettre sous-tutelle ou encore judiciariser le processus de notre émancipation ? Voici quelques questions stratégiques que M. Zanetti abordera lors de sa présentation, qui se voudra une introduction à la théorie de l’effectivité appliquée au cas d’une démarche indépendantiste. Il discutera donc des rapports de force à établir et des différentes conditions à mettre en place pour réussir à faire respecter une éventuelle déclaration d’indépendance.

 

 

 

À ne pas manquer également

 

Viviane Michel et Ghislain Picard
Panel de discussion : autodétermination des peuples, points de vue autochtones

Dimanche 17 juin, 10h15

 

Viviane Michel, présidente de Femmes autochtones du Québec
Ghislain Picard, chef de l’Assemblée de Premières Nations Québec-Labrador (APNQL)

Alexandre Leduc, Jennie-Laure Sully et Sibel Ataogul
Atelier discussion : le processus constituant

Dimanche 17 juin, 15h00

 

Alexandre Leduc, candidat de Québec solidaire dans Hochelaga-Maisonneuve
Jennie-Laure Sully, chercheure à l’Institut de recheche et d’informations socio-économiques (IRIS)
Sibel Ataogul, partenaire chez Melançon Marceau Grenier et Chargée de cours à l’Université de Montréal

Évelyne Beaudin
Indépendance et économie

Dimanche 17 juin, 9h00

 

Évelyne Beaudin, Économiste et étudiante à la maîtrise en économie

 

 

Comment s’inscrire à l’Université indépendantiste?

L’inscription est gratuite et se fait à partir de la plateforme de mobilisation Mouvement. Il n’est pas nécessaire d’être membre de Québec solidaire pour s’inscrire.

S’inscrire Voir l’horaire