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Devant la propagation de la haine, quoi faire?

Devant la propagation de la haine, quoi faire?

Il s'est passé et dit beaucoup de choses depuis l'attentat survenu à Québec le 29 janvier. Du bon et du moins bon. Mais disons-le, il y a eu de très bonnes choses; de belles initiatives, de bonnes analyses, certaines même éloquentes. Et aussi un sursaut citoyen admirable. Des vigiles de commémoration et de soutien. Un travail remarquable des forces policières, qui a été trop peu souligné. Des actes d'ouverture très nobles de la part de membres de la communauté musulmane. Des témoignages d'empathie et de soutien de la part de leurs concitoyens
Vraiment, il y a de quoi être fiers de notre Québec et en particulier de notre belle capitale nationale.

Non, le Québec n'est pas raciste. Oui, nous avons des problèmes à régler.
Cela dit, d'un autre côté, qu'a-t-on lu et entendu ces derniers jours? Par exemple, on a entendu des « nous tous québécois », mais aussi des « eux et nous » à de nombreuses reprises. J'ai été sur les médias sociaux plus que de coutume et j'ai été effaré, parfois profondément dégoûté, par les propos que j'ai pu y lire et surtout leur quantité, qui m'a renversé. On a vu aussi des actes haineux continuer malgré tout à être perpétrés et donner une bien mauvaise image du Québec.

En quoi vouloir réfléchir et faire mieux, vouloir empêcher d'autres personnes radicales de passer à l'acte est-il un problème?

Également, au vu de l'élan d'humanité qui se manifestait, certains n'ont pas hésité à parler d'autoflagellation et de naïveté. En quoi est-ce se flageller le fait de dénoncer la haine et l'intolérance? Comme une vaste équipe, n'avons-nous pas tous notre petit rôle à jouer individuellement dans ce vaste ensemble qu'est notre société? En quoi vouloir réfléchir et faire mieux, vouloir empêcher d'autres personnes radicales de passer à l'acte est-il un problème?

Donc demandons-nous : la société québécoise dans son ensemble est-elle raciste et xénophobe? Non, évidemment. Y a-t-il chez nous des racistes et des intolérants? Oui. Ce phénomène a-t-il glissé et s'est-il amplifié ces dernières années? Certainement. Est-ce pire à Québec? C'est possible. Alors, pourquoi en restons-nous spectateurs?

Faire un examen de conscience et poser certains de ces constats ne nous empêche pas de débattre, au contraire. Par exemple, il faudra que le débat sur la laïcité que l'on confond avec celui sur l'immigration continue. Que l'on fasse le débat sur le système d'intégration des immigrants. Que l'on parle du taux de chômage endémique dans certaines communautés issues de l'immigration, dont les membres sont pourtant extrêmement qualifiés. Tout comme du débat sur la question nationale, mise sous le tapis depuis longtemps et pourtant étroitement liée à tous ces sujets.

L'équation de la haine
Certains commentateurs ont tendance à réduire des prises de position à une petite citation ou les sortir de leur contexte; pourtant, comme plusieurs l'ont exprimé dont moi-même, ce qui vient de se passer a été amené par un ensemble de facteurs (accès aux armes, montée du populisme dans les sociétés occidentales, clivages politiques, prosélytisme de l'extrême droite au Québec, médias de la région de Québec, médias sociaux, intimidation, etc.). 
Il s'agit là d'une équation qui a donné un résultat négatif et violent que subissent aujourd'hui tous les Québécois et au premier chef, nos concitoyens musulmans. Si nous ne changeons aucune variable dans l'équation, le résultat sera le même.

Nous devons donc tous nous questionner sur nos responsabilités et les actions à entreprendre, sur le plan individuel et collectif, et sur comment changer cette situation et empêcher un autre 29 janvier.

Agir comme citoyen
L'attentat du 29 janvier était une sonnette d'alarme. Mais comment agir concrètement? Voici quelques pistes de solutions d'actions individuelles et collectives possibles.

Sur le plan individuel, face aux propos haineux, on peut rejoindre la ligne 1-888-641-AGIR, qui a récemment permis de dénoncer plusieurs propos haineux sur internet. On peut aussi prévenir la radicalisation (d'un proche par exemple) en appelant le centre de prévention de la radicalisation au 1-877-687-7141. En règle général, on peut aussi décider de ne tout simplement pas laisser passer les propos haineux sur internet, d'y répondre, de leur opposer des faits ou de les signaler.

Si vous vous sentez l'âme guerrière, vous pouvez imiter ces simples citoyens new-yorkais ou cette inspirante septuagénaire allemande et vous armer de peinture ou de dissolvant!

Depuis les attentats de Québec, certains ont décidé de sensibiliser les annonceurs de certaines radios de Québec. C'est une avenue intéressante, mais pourquoi ne pas leur écrire ou les appeler pour les sensibiliser lorsque des propos diffusés nous choquent?

Nos députés sont des personnes relativement accessibles. Pourquoi ne pas écrire à son ou sa député(e) pour dénoncer une situation dérangeante observable dans notre quotidien? Ou encore pour l'inciter à faire pression sur ses collègues pour améliorer certaines lois (contrôles des armes à feu, sanction des propos haineux, sanction de l'intimidation sur internet, etc.)?

Leurs dirigeants n'ont cessé de le répéter depuis les événements de Québec, et même avant ça : les mosquées sont ouvertes, ne refusent de recevoir personne et font même des journées portes ouvertes. Finalement, on se rend compte qu'on se connait très mal. Pourquoi ne pas aller voir ce qui se passe dans les commerces ethniques? Dans les fêtes organisées par les différentes communautés? Pourquoi ne pas rendre une visite à la mosquée la plus proche pour discuter avec l'imam, et savoir quelle est sa vision du Québec? Et de l'islam? Moi-même, j'ai eu la chance de visiter la mosquée de la Capitale en 2015 et ce fut une très bonne expérience; je vous le recommande.

Si on est un employeur, pourquoi ne pas faire le point sur l'état de la diversité dans son entreprise et voir comment on pourrait éventuellement l'améliorer?

Enfin, comme citoyen, on peut tout simplement s'engager dans une cause afin de changer les choses, d'améliorer la société, de défendre des idées : association, organisme communautaire, coopérative locale, groupe de citoyens, conseil de quartier, parti politique. Les moyens ne manquent pas!


Agir comme collectivité

Comme société, nous devons réfléchir sérieusement à l'état général de notre système d'éducation, victime d'une quinzaine d'années de privatisation, d'austérité et autres coupures. C'est par une meilleure éducation que nous pouvons enseigner les différences, que nous pouvons agir sur la peur de l'autre, que nous pouvons sensibiliser les jeunes au grave phénomène de l'intimidation en leur apprenant l'empathie. Je suis absolument convaincu que les jeunes peuvent être mieux sensibilisés à la diversité et à l'acceptation de l'autre en étant à son contact. Mais notre système d'éducation a besoin de moyens et de plus que des artifices budgétaires masquant mal des années de coupures.

Plus que cela, dans un monde en constante évolution, nous devons repenser l'école pour qu'elle intègre les notions de civisme, de laïcité, d'égalité homme-femme pour pouvoir former de meilleurs citoyens, dans des cours d'éducation civique par exemple. Nous devons également sensibiliser les jeunes à un bon usage d'internet et des nouvelles technologies et leur éviter les pièges nombreux de leur utilisation. Chez nous, mais pourquoi pas dans les écoles?

Enfin, j'en suis un ardent défenseur, l'intégration des immigrants doit être repensée. Quand nous sélectionnons une majorité de nos immigrants, que ceux-ci viennent ici surqualifiés et ne trouvent pas d'emploi, nous avons un sérieux problème. L'emploi, source de revenus et vecteur de contacts culturels, sociaux, est au cœur de l'intégration des immigrants.

Cette liste reste une simple compilation d'exemples. Chacun peut venir la bonifier et agir à sa façon pour que notre société s'améliore.

Lire l'article dans le Huffington Post

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Pierre-Alain Hoh est l'auteur du chapitre « Les immigrants » dans Le Livre qui fait dire oui. Originaire d'Auvergne, en France, il est arrivé au Québec en 2000 et est devenu indépendantiste très peu de temps après son arrivée. Il a cofondé le comité immigration d'Option nationale qu'il préside toujours avec sa conjointe, Barbara Hernández.

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