Blogue

Contributions militantes

POUR UNE LOGIQUE DE COALITION

POUR UNE LOGIQUE DE COALITION

Pour faire avancer le débat, il faut aller au fond des choses. Or, dans sa réponse à mon analyse publiée dans Le Devoir du 30 mars, M. Barberis a évité de répondre à la question que je posais aux péquistes : êtes-vous prêt à renoncer à votre programme pour battre les libéraux? Ce que vous prêchez pour les autres, êtes-vous prêt à vous l'appliquer à vous-mêmes? Cela impliquerait que vous affirmiez haut et fort que si la CAQ est le parti le mieux placé pour battre les libéraux, vous vous engagez à voter pour ce parti ou encore à faire une entente électorale avec lui.

La logique électoraliste qui incite à mettre tous ses œufs dans le même panier, celui du parti qui selon les sondages rallie le plus grand nombre d'électeurs, est aléatoire. Elle implique que si c'est un autre parti qui satisfait cette exigence pour battre les libéraux, celui-ci devrait susciter le ralliement des péquistes. Cette hypothèse est d'autant plausible que l'écart entre le PQ et la CAQ se situe dans la marge d'erreur. Mais un tel ralliement du PQ à la CAQ ne semble pas faire partie du discours péquiste.

Et pourtant ces deux partis préconisent le respect du régime fédéral et proposent des politiques qui s'inscrivent dans une perspective provincialiste. Il devrait leur être plus facile de s'entendre qu'avec des partis qui veulent faire l'indépendance et qui préconisent des politiques de rupture avec le Canada. Cherchez l'erreur.

Une telle alliance signifierait probablement l'éclatement du PQ dont une partie significative de sa clientèle préférerait voter pour des partis de gauche. Comme ce parti n'est pas prêt à se sacrifier pour battre les libéraux, il propose aux partis indépendantistes de le faire à sa place sous prétexte qu'ils divisent le vote des francophones. On feint d'ignorer dans cette rhétorique que le PQ divise aussi le vote des francophones en refusant de s'allier à la CAQ. Ce qui est valable pour Jacques l'est aussi pour Jean.

N'en déplaise aux nostalgiques, l'ère du parti unique est terminée. Si le PQ est sérieux et déterminé à battre les libéraux, il doit cesser de vouloir imposer son hégémonie et accepter de former une coalition avec les partis indépendantistes, coalition qui repose sur un programme commun de gouvernement et qui inclut des politiques qui mettent en cause la logique du fédéralisme. Qui dit coalition, dit aussi partage équilibré des circonscriptions et partage équitable du pouvoir après les élections. Cela suppose un pacte électoral explicite qui déplace les lignes de clivage vers le projet d'indépendance et qui laisse les provincialistes libéraux et caquistes diviser le vote des francophones.

Partager:

Politicologue, professeur et essayiste, Denis Monière est docteur en science politique de l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Militant au sein du Rassemblement pour l'indépendance nationale (RIN) et du Parti québécois, il fonde le Parti nationaliste du Québec en 1983. Il est aujourd'hui professeur titulaire au département de science politique de l'Université de Montréal.

Des idées claires

Notre programme

Prenez le temps de lire notre programme politique afin de vous faire une idée sur ce qu'Option nationale peut faire afin de rendre le Québec plus fort et indépendant.

Toujours en mouvement

Notre équipe

Option nationale est composé de militants de partout au Québec, tous animés par des objectifs communs : promouvoir et réaliser l'indépendance du Québec!

Contributions militantes

Notre blogue

Vous trouverez sur ce site des textes argumentaires et d'opinion sur des sujets variés qui démontrent l'urgence de prendre notre avenir en main et de réaliser l'indépendance du Québec.