Blogue

Contributions militantes

Le nouvel étapisme de QS

Le nouvel étapisme de QS

Certains militants d'Option nationale se font les interprètes des positions de QS sur l'accession à l'indépendance et sans doute sont-ils bien intentionnés en voulant favoriser un rapprochement inter-partisan. Ils prennent leur désir pour la réalité et ont parfois tendance à minimiser les différences entre ON et QS en soutenant qu'un gouvernement QS présentera un mémoire indépendantiste à l'assemblée constituante et qu'une fois élu ce gouvernement utilisera les fonds publics pour promouvoir l'indépendance. Cette interprétation n'est pas conforme au programme de Québec solidaire. Je tend à penser que ces militants sont victimes des ambiguïtés de QS sur les modalités d'accession à l'indépendance.

Le programme dit que le gouvernement de Québec solidaire définira le mandat et la démarche de l'assemblée constituante. Mais cela ne veut pas dire qu'il s'agira d'un mandat pour élaborer la constitution d'un pays indépendant. Le mandat dont il est question est ouvert : « définir le statut du Québec ». Cela ne veut pas dire que ce statut sera nécessairement en dehors du cadre constitutionnel canadien. Comme l'a déjà bien résumé A. Khadir : « L'indépendance si nécessaire, mais pas nécessairement l'indépendance ». Sur la base du programme actuel, on ne peut pas soutenir que QS s'engagera sur la route de l'indépendance s'il forme un gouvernement.

Voici un autre passage caractéristique de l’ambiguïté de QS sur l'accession à l'indépendance : « Tout au long de la démarche d'Assemblée constituante, Québec solidaire défendra son option sur la question nationale ». Le programme ne dit pas que ce sera le gouvernement QS qui fera la promotion de son option mais bien le Parti. Ce n'est pas innocent. À cet égard, on nous rappelle « qu'il ne faut pas présumer de l'issue des débats » ce qui montre bien que le gouvernement ne fixera pas de mandat à cette constituante sauf en ce qui concerne les valeurs progressistes. C'est une différence fondamentale avec Option nationale dont la démarche d'accession à l'indépendance prévoit que l'Assemblée constituante aura le mandat de définir les institutions du Québec indépendant.

QS propose en quelque sorte une autre forme d'étapisme dont la logique n'est pas très différente de celle du Parti québécois. L'élection de Québec solidaire n'implique pas l'accession à l'indépendance. Un vote pour QS n'est pas un vote pour l'indépendance mais un vote pour un gouvernement progressiste qui gouvernera une province et demandera à une constituante d'élaborer la constitution du Québec qu'il soit indépendant ou pas.

L'étapisme n'est pas mort avec QS. Tout comme au PQ, on ne demande pas aux électeurs de voter pour amorcer le processus d'accession à l'indépendance, mais de voter pour élire un bon gouvernement progressiste. L'enjeu de l'élection ne sera pas l'indépendance mais la gestion progressiste d'un État provincial. C'est dans une deuxième étape que se fera le débat sur le statut politique du Québec dans le cadre de l'Assemblée constituante et dans une troisième étape, il y aura un référendum de ratification quelque soit la conclusion des travaux de la constituante. Si on pousse le raisonnement à sa limite, on pourrait se retrouver avec un référendum pour ratifier la constitution de 1982. Tout comme cela s'est produit durant les 25 dernières années avec le PQ, le débat sur l'indépendance ne sera pas l'enjeu de la prochaine campagne électorale.

Certains militants prétendent que le gouvernement de QS soutiendra financièrement la promotion de l'indépendance. Cette affirmation de résiste pas à l'analyse du programme qui parle « d'un soutien financier à la mise en place de la démocratie participative et à l'élection de l'assemblée constituante. » Cela ne concerne pas la promotion de l'indépendance. QS ne se différencie pas du PQ sur cette question non plus.

Il ne faut pas se laisser éblouir par le miroir aux alouettes.

Partager:

Politicologue, professeur et essayiste, Denis Monière est docteur en science politique de l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Militant au sein du Rassemblement pour l'indépendance nationale (RIN) et du Parti québécois, il fonde le Parti nationaliste du Québec en 1983. Il est aujourd'hui professeur titulaire au département de science politique de l'Université de Montréal.

Des idées claires

Notre programme

Prenez le temps de lire notre programme politique afin de vous faire une idée sur ce qu'Option nationale peut faire afin de rendre le Québec plus fort et indépendant.

Toujours en mouvement

Notre équipe

Option nationale est composé de militants de partout au Québec, tous animés par des objectifs communs : promouvoir et réaliser l'indépendance du Québec!

Contributions militantes

Notre blogue

Vous trouverez sur ce site des textes argumentaires et d'opinion sur des sujets variés qui démontrent l'urgence de prendre notre avenir en main et de réaliser l'indépendance du Québec.