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De la poudre aux yeux électorale

De la poudre aux yeux électorale

Depuis vingt-cinq ans, les dirigeants libéraux dénigrent la question nationale et proclament sur toutes les tribunes que discuter de constitution était une perte de temps, que cet enjeu n'intéressait pas les Québécois, qu'il fallait s'occuper des vraies affaires et qu'il n'était pas question de rouvrir le débat parce que le Canada n'avait aucun appétit pour recommencer les chicanes. Tout ce que les libéraux ont affirmé dans le passé est devenu subitement faux et caduc. Ils nous disent maintenant qu'ils veulent relancer le débat sur la réforme de la constitution. Lorsqu'un parti opère un tel tête à queue il faut s'interroger sur la crédibilité de ce virage et les raisons qui le motivent.

Il faut d'abord savoir que dans les 91 pages du programme du Parti libéral de 2014 sur la base duquel il s'est fait élire, on ne trouve aucune mention d'une quelconque position constitutionnelle du parti. Les libéraux ont affaibli pendant des décennies le rapport de force entre le Québec et le Canada en renonçant à faire valoir les demandes du Québec à tel point que le Canada ne se préoccupe plus de ce qui se passe au Québec. La question du Québec est réglée pour les Canadiens.

Contrairement à ce que croit le chef du Parti québécois, le gouvernement Couillard ne fait pas preuve de lucidité nationale mais de lucidité électorale. Il faut plutôt voir ce revirement comme une tactique électorale pour détourner l'attention des Québécois des turpitudes du PLQ et balayer sous le tapis les scandales qui minent la crédibilité du gouvernement. Ce n'est pas l'intérêt national qui les motive mais l'intérêt électoral de leur parti. Les libéraux en se dotant d'une politique constitutionnelle font d'une pierre deux coups. Ils peuvent aussi concurrencer la CAQ qui s'engage à proposer une réforme constitutionnelle et qui campe sur des positions identitaires affirmées. En ramenant l'enjeu constitutionnel sur le devant de la scène, ils prennent aussi le Parti québécois à contre-pied lui qui a abandonné la bataille constitutionnelle et s'est privé d'une politique cohérente quant au statut politique du Québec en renonçant à tenir un référendum s'il était élu.

Quoi de mieux que de réveiller la fierté nationale pour ramener au bercail libéral les fédéralistes nationalistes qui seraient tentés de se joindre à la CAQ? Ainsi, le Parti libéral compte élargir sa base électorale pour assurer sa réélection. Rien ne l'empêchera une fois réélu de revenir à une politique d’accommodements administratifs. Mais sa nouvelle posture ramènera le Québec dans les ornières de l'impossible réforme de la constitution. On connaît bien la chanson : il faut donner une nouvelle chance au Canada de nous reconnaître comme nation. Heureusement, on peut compter sur les Canadiens pour nous ramener aux réalités du « one nation building ».

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Politicologue, professeur et essayiste, Denis Monière est docteur en science politique de l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Militant au sein du Rassemblement pour l'indépendance nationale (RIN) et du Parti québécois, il fonde le Parti nationaliste du Québec en 1983. Il est aujourd'hui professeur titulaire au département de science politique de l'Université de Montréal.

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