Blogue

Contributions militantes

L'indépendance du Pays de Galles à l'ordre du jour

L'indépendance du Pays de Galles à l'ordre du jour

Les  dérives de la mondialisation et du néolibéralisme ont entraîné le réveil des consciences nationales endormies. Après le Québec, la Catalogne et l'Écosse, c'est maintenant au tour des Gallois de réclamer leur indépendance. Les indépendantistes gallois, s'inspirant peut-être d'Option nationale, viennent de publier leur
livre qui fait dire OUI : Independance in your Pocket qui en 64 pages explique leurs arguments pour se séparer du Royaume-Uni.

Le Pays de Galles, appelé Cymru en langue galloise, tout comme l'Écosse, est l'une des quatre nations constitutives du Royaume-Uni. Suite à la dévolution des pouvoirs en 1998, elle élit une Assemblée nationale et un premier ministre. Sa population est de 3 millions d'habitants.

Le parti indépendantiste gallois Plaid Cymru a été fondé en 1925 pour enrayer le déclin de la langue galloise. En 1970, il a fait une percée électorale et obtenu 12% des votes dans le Pays de Galles. C'est un parti ancré à gauche et qui défend l'accession à l'indépendance. Il y aurait environ 10% des Gallois favorables à la sécession. Il est dirigé actuellement par une femme, Leanne Wood et a obtenu 21% des votes en 2016 et fait élire 12 députés à l'Assemblée législative.

Dans son manifeste indépendantiste, le mouvement citoyen YesCymru rappelle que le contexte du Brexit et du prochain référendum en Écosse crée des conditions favorables à l'émancipation galloise. On tente de répondre aux questions qui se posent à tout mouvement indépendantiste : les Gallois ont-ils les moyens de faire l'indépendance, quelles seront les impacts sociaux et économiques de ce changement de régime; quelles seront les relations du nouvel État avec la communauté internationale; comment transformer le patriotisme et la fierté galloise en soutien à l'indépendance?

Pourquoi vouloir faire l'indépendance?

D'abord parce que les petites nations sont parmi les pays les plus prospères et les plus égalitaires sur la planète. Le sort des Gallois pourrait ressembler à celui des Slovaques, des Danois et des Irlandais qui sont aussi de petites nations. On argumente qu'il y a en Europe 18 nations indépendantes qui ont une population plus petite que celle du Pays de Galles. Pour régler les problèmes, il est préférable de disposer des leviers de commandes plutôt que de laisser à une autre nation le pouvoir de prendre les décisions. Au Parlement de Westminster, les Gallois n'ont aucun poids politique significatif puisqu'ils ne représentent que 6% des députés. Le système politique britannique est inéquitable et le Pays de Galles est la région la plus pauvre du Royaume-Uni. La dévolution (ou dans notre vocabulaire l'autonomie) ne confère par les pouvoirs nécessaires pour gérer la santé, l'éducation, le développement durable. S'il y a des risques à faire l'indépendance il y a aussi des coûts à ne pas la faire et des bénéfices à tirer du changement de statut politique comme développer une économie en fonction des intérêts des Gallois. L'indépendance donnerait aux Gallois le contrôle sur les pouvoirs de taxation, sur la régulation bancaire, sur le droit criminel et la police, sur la télévision, sur la politique de défense ce qui lui éviterait de participer à des guerres illégales comme en Irak.

Curieusement, le manifeste gallois évite les sujets controversés : au lieu de prendre position sur la politique monétaire, on se contente d'évoquer cinq scénario possibles et on souligne que l’indépendance permettrait d'en décider. La question de l'adhésion ou non à l'Union européenne est aussi évacuée. On annonce la tenue d'un référendum sur l'UE. On ne se prononce pas non plus sur la suppression ou le maintien de la monarchie. On prévoit aussi tenir un référendum sur cette question. On se propose par contre d'adopter une constitution écrite qui garantira des droits sociaux et fondamentaux aux citoyens. Cette constitution sera rédigée après un référendum gagnant sur la sécession. On peut donc parler de causes communes entre les Gallois, les Écossais les Catalans et les Québecois parce que tous les peuples ont besoin d'indépendance pour défendre leurs intérêts et développer leur identité propre.

Pour télécharger ce manifeste : http://yes.cymru/independence/

Partager:

Politicologue, professeur et essayiste, Denis Monière est docteur en science politique de l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Militant au sein du Rassemblement pour l'indépendance nationale (RIN) et du Parti québécois, il fonde le Parti nationaliste du Québec en 1983. Il est aujourd'hui professeur titulaire au département de science politique de l'Université de Montréal.

Des idées claires

Notre programme

Prenez le temps de lire notre programme politique afin de vous faire une idée sur ce qu'Option nationale peut faire afin de rendre le Québec plus fort et indépendant.

Toujours en mouvement

Notre équipe

Option nationale est composé de militants de partout au Québec, tous animés par des objectifs communs : promouvoir et réaliser l'indépendance du Québec!

Contributions militantes

Notre blogue

Vous trouverez sur ce site des textes argumentaires et d'opinion sur des sujets variés qui démontrent l'urgence de prendre notre avenir en main et de réaliser l'indépendance du Québec.