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Les bons sentiments comme critère de jugement politique

Les bons sentiments comme critère de jugement politique

Le droit d'asile est sacré autant par devoir moral que par sens des responsabilités et les Québécois se sont toujours montrés ouverts à l'accueil des nouveaux arrivants. Rappelons pour mémoire la générosité manifestée par les Québécois lors de l'arrivée massive des Turcs, des Libanais, des Vietnamiens, des Syriens et des Haïtiens. Laisser supposer le contraire relève du mépris inspiré du Québec bashing et de l'entreprise de dénigrement menée par les fédéralistes canadiens. Mais les bons sentiments ne doivent pas tuer l'esprit critique et l'analyse des situations objectives

Nul ne contestera qu'il faut fournir l'aide appropriée et créer les conditions d'accueil les plus favorables au réfugiés, mais il ne faut pas oublier pour autant le cadre juridique et institutionnel où s'inscrivent ces situations. Je ne parle pas ici des désastres naturels ou des politiques de notre voisin américain qui ont déclenché cette vague migratoire, mais plutôt des incohérences de notre système politique qui mettent le Québec en situation contradictoire. Curieusement les donneurs de leçons préfèrent rester sur la planète des bons sentiments plutôt que de réfléchir aux conditions objectives qui sont à l'origine des problèmes. Ils se complaisent dans la bonne conscience et jettent l'anathème à ceux qui posent des questions.

Pourquoi faire l'autruche? On a voulu nous faire croire que la constitution n'avait pas d'importance. Mais les vraies affaires nous rattrapent et révèlent notre impuissance collective à gérer les problèmes de façon rationnelle. Le contrôle du territoire et la gestion des réfugiés relèvent des compétences fédérales alors que la prise en charge matérielle des réfugiées est administrée par les provinces. Les effets et les coûts afférents à l'incurie du gouvernement canadien, à son inaction devant l'arrivée massive des migrants, à son incapacité à statuer rapidement sur le statut de ces réfugiés sont transférés aux contribuables québécois qui impuissants n'ont qu'à payer la facture.

Une politique de l'immigration qui n'est pas appliquée ne peut que susciter frustration et suspicion. Le citoyen peut se sentir floué et manifester moins de tolérance lorsque l'État ne fait pas respecter ses propres lois. Tenter de le culpabiliser parce qu'il se pose des questions n'est pas rendre service à la démocratie qui pour être efficace a besoin de libre discussion. Comme cela arrive souvent, les bons sentiments ont tendance à engendrer de mauvaises politiques.

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Politicologue, professeur et essayiste, Denis Monière est docteur en science politique de l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Militant au sein du Rassemblement pour l'indépendance nationale (RIN) et du Parti québécois, il fonde le Parti nationaliste du Québec en 1983. Il est aujourd'hui professeur titulaire au département de science politique de l'Université de Montréal.

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