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Une bonne dose de poudre aux yeux

Une bonne dose de poudre aux yeux

Comment prendre au sérieux un parti qui se dit favorable à l'indépendance et lance une campagne de promotion pour montrer aux Québécois que l'indépendance offre des solutions à des problèmes concrets, récurrents et urgents mais qui du même souffle nous explique qu'il faut attendre 5 ans de plus, jusqu'en 2022, pour faire l'indépendance et régler ces problèmes? Au lieu d'être cohérent et passer de la parole aux actes, le PQ nous dit qu'il faut encore tolérer pendant cinq ans et plus un régime qui nous affaiblit et nous empêche de progresser. On nage en pleine contradiction. Ce discours tente de nous faire prendre des vessies pour des lanternes. Vaut mieux en rire qu'en pleurer.

On se demande bien d'ailleurs pourquoi les péquistes veulent prendre le pouvoir puisqu'ils avouent implicitement qu'ils ne seront pas en mesure de régler les problèmes du Québec dans le cadre canadien. Et si d'aventure la bonne gouvernance provinciale arrivait à résoudre la quadrature du cercle et bien à quoi servirait alors l'indépendance? Ils veulent nous faire croire que sans avoir les leviers de commande politiques, ils pourront faire progresser le Québec. Et ils pensent que s'ils échouent, les Québécois en tireront les leçons et n'auront d'autres choix que de voter par dépit pour l'indépendance en les réélisant. Or, la politique dans un cadre provincial ne suit pas cette logique. Un gouvernement qui ne livre pas la marchandise est en général renvoyé dans l'opposition. La stratégie attentiste ne peut mener qu'à un cul de sac.

On ne peut tenir deux discours en même temps. Ou bien le fédéralisme est une entrave structurelle au développement du Québec ou bien il ne l'est pas. On ne peut tergiverser sur cette question et penser faire progresser l'idée d'indépendance en acceptant les règles du fédéralisme. L'échec d'une politique provincialiste ne peut constituer le socle pour construire une nation indépendante. Celle-ci ne peut advenir que par une vision claire et cohérente des rapports de force. Faire l'indépendance exige une logique de rupture avec le Canada et non pas une logique de conciliation avec les politiques canadiennes, cette dernière option étant au cœur de la démarche que propose le Parti québécois.

Comme le passé est garant de l'avenir, le PQ nous a habitué à agiter le projet de l'indépendance avant les élections pour l'envoyer ensuite sur une voie de garage en attendant une nouvelle astuce discursive. Ceux que cette vérité choquent agiteront le spectre de la division des votes pour éviter de réfléchir aux effets de la pusillanimité que sont la déception, la démobilisation et le déclin programmé du projet de nation.

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Politicologue, professeur et essayiste, Denis Monière est docteur en science politique de l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Militant au sein du Rassemblement pour l'indépendance nationale (RIN) et du Parti québécois, il fonde le Parti nationaliste du Québec en 1983. Il est aujourd'hui professeur titulaire au département de science politique de l'Université de Montréal.

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